Carte scolaire : CSA-SD de repli, boycott du CDEN, nouveau CDEN à la rentrée. Unissons-nous pour les faire reculer et stopper la casse de L’École Publique !

Suite au vote unanime des représentants lors du CSA-SD du 30 mars, le Dasen a été contraint de convoquer un nouveau CSA, dit de repli, mardi 7 avril.

Le SNUDI-FO 89 y était présent pour continuer à défendre jusqu’au bout les écoles et porter son mandat, pour refuser toutes les fermetures de classes et les ouvertures partout où c’est nécessaire, notamment dans l’enseignement specialisé.

Contraint de revoir sa copie et face à la mobilisation massive qui a vu plus de 300 enseignants grévistes, parents, élus rassemblés devant la DSDEN pour réclamer les postes et l’annulation des fermetures de classes, il a annoncé 4 nouvelles annulations de fermetures :

  • Rive Droite à Auxerre
  • Paron Calmette
  • Vézelay/Domecy/Saint-Père
  • Rosoy

Celles-ci s’ajoutent donc aux 6 écoles déjà sauvées lors du premier CSA.

Mais ces 10 classes sauvées se font au détriment de postes de RASED, en IME, en Sessad, de la brigade de remplacement qui perd 3 postes et de la création d’un poste d’assistante de prévention. Quand on voit déjà les dégâts de l’inclusion systématique à tout prix ou encore certaines absences qui sont refusées par manque de remplaçants, cette décision montre bien qu’avec 21 postes en moins pour le département, cela ne tient définitivement pas !

Par ailleurs, le poste dULIS créé sera positionné sur l’école de Courson… qui perd une classe dans le même temps. Résultat : des élèves en plus, à besoins particuliers, et une classe en moins pour les accueillir. Aberrant.

Il reste donc 29 écoles sur la liste des victimes de la carte scolaire. C’est indécent.

Le SNUDI-FO 89 a défendu à nouveau ces écoles contre la fermeture de classe qui leur est promise, rappelant leur rejet par tous les acteurs dans les communes touchées et les difficultés qui vont s’ajouter aux difficultés dans des situations déjà très compliquées, au manque de RASED, d’AESH, de places dans les structures spécialisées…

Le CDEN du 8 avril ayant été boycotté par les organisations syndicales et la FCPE, un nouveau CDEN doit se tenir le jour de la rentrée, mais le Dasen annonce déjà que le projet qui y sera présenté est dans sa version définitive.

À nous de le faire mentir et d’imposer les créations de postes nécessaires pour arracher nos revendications !

Car, quoi qu’il arrive, la difficulté à laquelle sont confrontées les écoles encore sur la liste des victimes de cette carte scolaire, vient en premier lieu du fait que le dasen doive rendre ces 30 postes (21 poste en moins + 9 postes requisitonnés pour les PAS). Certes ses méthodes sont fortement discutables et une forme de mépris est ressentie par tous à juste titre, mais même s’il était à l’écoute, il devrait quand même fermer des classes !

Le vrai problème vient donc de plus haut. Et quand on entend le ministre expliquer qu’au vu de la démographie il va falloir encore réduire le nombre d’enseignants et donc fermer encore et encore… la mobilisation sert aussi à s’opposer à cela et à défendre l’école publique dans son ensemble, à réclamer les postes et les moyens nécessaires, là où ils sont !

C’est d’ailleurs pour cela que le comité de défense de l’école s’est constitué l’an passé et qu’il y en a maintenant dans nombre de départements. Parce que nous faisons tous le constat que les journées d’action décidées nationalement (cette année le 31 mars) ne suffisent pas. Par contre, tout ce qui a été engagé localement, cela les bouscule clairement.

Le DASEN a quand même été contraint de reculer sur 10 fermetures, alors qu’il annonçait dés le départ ne pas avoir de marge. Ce n’est pas rien. La question est donc de poursuivre dans la construction de ce comité, de voir comment continuer à agir, notamment après les vacances et par la suite, se coordonner entre parents, enseignants et tous ceux qui défendent l’école publique, pour organiser la résistance, créer un collectif assez puissant pour les faire reculer.

Quand on sait qu’ils trouvent 8,5 milliards supplémentaires pour l’armée, ça montre bien qu’ils ont les moyens de trouver « un pognon de dingue » quand ils le choisissent. À nous d’arriver à les contraindre à le mettre dans l’éducation plutôt que dans la guerre.

Nous l’avons vu, le comité a largement aidé à mobiliser cette année. Et ce n’est pas fini.

Tout ce qui a été mené partout, les liens qui se sont créés, sont autant de points d’appui pour construire la résistance au saccage de l’école qui s’annonce.

Car la réponse du ministre de l’EN à l’assemblée est claire : il ne compte pas en rester là ! L’objectif est donné : profiter de la baisse démographique pour continuer les suppressions de postes par dizaines de milliers et poursuivre ainsi l’assèchement des moyens et la décomposition de l’Éducation nationale.

Les écoles qui se sont mises en grève la semaine dernière alors qu’elles ne sont pas concernées par la carte scolaire cette année l’ont bien compris : c’est bien l’avenir de l’école publique dans son ensemble qui est en jeu.

Partout en France les mobilisations contre la carte scolaire et le budget de misère Macron-Lecornu se développent et s’amplifient. Ne lâchons rien !