Ni PIAL, ni PAS ! Pour la satisfaction des revendications des AESH et des personnels !

Dans la poursuite de la destruction de l’école et de la course à l’inclusion systématique et forcée, ce sont les PAS (Pôle d’Appui à la Scolarité) qui s’installent dans notre département à la prochaine rentrée. Nous avons rencontré le DASEN, lundi 19 janvier, qui nous a exposé la mise en place de ces pôles.

Déjà installés dans notre académie en Côte-d’Or et dans la Nièvre, ces nouveaux pôles (remplaçant les PIAL) vont amener une sortie du champ du handicap pour de nombreux élèves. Ils vont également venir bouleverser l’organisation de la prise en charge des élèves à besoins particuliers. Nous le comprenons bien, il s’agit pour l’instant d’un cadre prêt à être rempli pour avaler les RASED et l’enseignement spécialisé.

En permettant à l’administration d’envoyer des AESH sans notification pour l’accompagnement des élèves, il va sans dire que cela ne poussera pas les parents à faire les démarches pour obtenir une notification. Cela permettra un accompagnement et un suivi au rabais… du saupoudrage. Il est à noter qu’actuellement, les démarches auprès de la MDPH peuvent pourtant être imposées aux parents (après 4 mois sans que le dossier soit envoyé, réglementairement, le DASEN doit saisir la MPDH.

Attaque contre les RASED et l’enseignement spécialisé

Par ailleurs, cela fait des années qu’il est demandé aux RASED, par le biais de la transformation en « pôles ressources » d’intervenir de plus en plus auprès des enseignants plutôt qu’auprès des élèves. Avec la mise en place de ces PAS, copilotés par un trinôme (IEN, chef d’établissement et directeur d’un établissement médico-social), et coordonné par un binôme (personnel enseignant – non forcément spécialisé – et éducateur spécialisé), la difficulté scolaire devrait être centralisée au niveau du PAS qui coordonnera les équipes pour que l’école soit son propre recours, et attribueront, en fonction des moyens disponibles et non plus des besoins médicaux, un temps de présence d’AESH.

C’est donc un pas supplémentaire pour faire disparaître les rased au profit de conseillers qui viennent expliquer aux collègues comment survivre dans le cadre défectueux de l’école inclusive à marche forcée.

C’est également un pas supplémentaire pour sortir des éducateurs spécialisés des établissements médico-sociaux et les envoyer dans le milieux ordinaire et donc, à terme, de réduire, encore l’accueil dans ces établissement, alors que près de 90 élèves sont actuellement en attente d’une place dans notre département.

Même si, pour l’instant, cela pourrait apparaître comme une coquille vide, c’est un cadre pour s’attaquer directement à l’enseignement spécialisé. Les PAS sont, sans nul doute, un moyen de remplacer les réseaux d’aide en remettant déjà en cause leur autonomie.

Il est à noté que la création ces postes de coordonnateurs du PAS vont impacter la carte scolaire, puisque il vont être créés au détriment de postes dans les écoles. Au vu de la carte scolaire qui s’annonce, cette décision va donc encore empirer la situation. Un désastre.

Cela va également impacter lourdement les AESH.

En effet, si, pour l’instant, le PAS nous est présenté comme un appui pour les élèves en difficulté (au-delà des notifications MDPH) cela va donc rendre les AESH toujours plus flexibles pouvant désormais être envoyé sur le suivi d’élèves non notifiés.

Par ailleurs, la mise en place des PAS va encore dégrader les condition de travail des AESH. Le DASEN l’a annoncé : les PAS vont remplacer les PIALs mais ils seront moins nombreux.

Les PAS seront donc géographiquement bien plus vastes que les PIAL ! Les AESH, plus flexibles, pourront donc être amenés à intervenir encore plus loin… et toujours en pouvant être déplacés du jour au lendemain.

C’est inadmissible.

Le SNUDI-FO a communiqué nationalement sur la question des droits des AESH, suite au refus du Sénat de leur créer un statut (qui était un statut au rabais). Cela fait des années que leur situation est dénoncée à tous les niveaux, mais que rien n’avance et qu’il sont maintenus dans la précarité : il est temps que cela cesse !

26-01-14-AESH-pour-un-vrai-statut-avec-un-vrai-salaire-1

Le SNUDI-FO 89 s’organise avec sa fédération, dans le cadre des résolutions de son congrès, pour une mobilisation d’ampleur des AESH, des enseignants et de tous ceux qui s’opposent au désastre de l’inclusion systématique. Nous préparons la mobilisation qui ira au-delà de la simple journée d’action pour exprimer le mécontentement devant les DSDEN, si possible dans l’unité syndicale.

Nous proposons aux autres organisations syndicales la tenue de réunions pour les AESH et les enseignants afin d’établir les cahiers de revendications et discuter ensemble des moyens d’action pour obtenir enfin satisfaction face au scandale de l’inclusion systématique et forcée et des conditions d’exercice des AESH.

Ce que veulent les AESH :

  • un vrai statut de fonctionnaire à 24 heures temps plein,
  • l’abandon des PAS, des PIAL et de la politique de mutualisation,
  • la subrogation immédiate,
  • l’octroi des jours de fractionnement,
  • l’augmentation immédiate des salaires !

Ces revendications rejoignent celles des personnels et des parents d’élèves confrontés au chaos provoqué par la logique de l’inclusion systématique et forcée, avec la mutualisation des moyens, la flexibilisation des personnels et le démantèlement de l’enseignement et des structures spécialisés et adaptés.