Audience au rectorat mardi 20 janvier : méthodes autoritaires/prime REP/EREA/ORS
Les SNUDI-FO de l’Académie de Dijon ont demandé une audience commune au rectorat sur différents points. Nous avons été reçus le 20 janvier par le cabinet de la rectrice (DGRH et Secrétaire Général Adjoint).
Méthodes autoritaires du DASEN de l’Yonne
En particulier dans l’Yonne, un constat est fait de mesures disciplinaires arbitraires contre des collègues. Donnant parfois ainsi raison à des accusations farfelues de parents ou élus (voulant choisir les enseignants de leur école), ou s’en prenant directement à des collègues pour des raisons obscures (« attitude nonchalante »), le DASEN prend ainsi des décisions unilatérales et arbitraires en déplaçant les collègues d’autorité ou par le retrait de mission (maître formateur). De même, des AESH voient leur contrat non-renouvelé, parfois même malgré des évaluations excellentes. Ces décisions sont incompréhensibles et brutales, cela tend à créer un climat de terreur.
Le SNUDI-FO 89 a clairement dénoncé ces méthodes auprès du rectorat et, contre toute attente, les représentants du rectorat se sont rangés à notre avis, s’appuyant sur le fait que la politique RH au niveau de l’Académie reste « bienveillance et exigence » et que les exemples que nous donnons montrent bien que le DASEN de l’Yonne en dévie fortement.
Ils reconnaissent des méthodes « très vives » de la part du DASEN de l’Yonne dont ils ont déjà connaissance et qu’ils ne cautionnent pas. Nous avons donc demandé que celui-ci soit rappelé à cette ligne, notamment pour les situations exposées. Réponse : « ce n’est pas la première fois que cela lui est rappelé, mais l’effet ne se fait visiblement pas ressentir… »
En attendant ce sont les collègues qui en pâtissent : nous avons donc insisté pour qu’ils agissent !
Nous exigeons que les décisions arbitraires prises à l’encontre des collègues enseignants et AESH soient revues et que cela cesse. Et ce, d’autant plus lorsque le cadre légal n’est pas respecté, ce qui nous a poussé d’ores et déjà à déposer un recours auprès du Tribunal Administratif.
Quoi qu’il en soit, nous invitons tous les collègues, enseignants, AESH, confrontés à des situations d’autoritarisme ou de pression à ne pas subir, à ne pas rester isolés, et à contacter le SNUDI-FO 89 pour se faire défendre. Ne laissons pas passer !
Prime REP pour les AESH
Le conseil d’Etat a statué, suite aux multiples interventions du SNUDI-FO, notamment au TA : les primes REP des AESH doivent leur être versées à titre rétroactif, depuis 2015. Mais le ministère s’appuie sur le cadre quadriennal de la rétroactivité pour ne verser que depuis 2022. Nous insistons pour que cela soit pris en compte depuis 2015, nous accompagnerons tous les collègues AESH pour qu’ils l’obtiennent, notamment au TA.
Le rectorat nous informe que les dossiers sont en cours de traitement, les premiers à avoir été portés au TA ont déjà été régularisés.
Le SNUDI-FO dénonce le fait que ce soit aux AESH d’apporter la preuve de leur affectation en REP durant la période concernée. Les représentants nous précisent qu’il s’agit de traiter plus rapidement les dossiers. Une fois que tous ceux déjà complets seront réglés, ils passeront à ceux qui demandent une recherche plus importante (vérification de l’affectation en particulier).
Nous invitons tous les AESH à nous contacter et à faire la demande de versement de leur prime REP auprès du sig-aesh.
Nous avons rappelé la complexité des échanges avec les services pour les AESH et la multiplicité des interlocuteurs et services. Ils reconnaissent les difficultés. L’interlocuteur est le PIAL pour tout ce qui concerne l’organisation du travail, le sig-aesh pour ce qui concerne la rémunération. Mais le PIAL est censé rediriger.
Il n’en demeure pas moins que les AESH continuent à être maltraités par l’institution. Nous continuons à porter toutes leurs revendications : statut, salaire, 24h pour un temps plein, abandon des PIAL et des PAS.
Enseignants en EREA
Le rectorat maintient son refus du versement de la prime ISAE pour les personnels enseignant en EREA sur une mission d’accompagnement éducatif en internat, sous prétexte que ces enseignant ne font pas assez d’enseignement. Le SNUDI-FO dénonce une situation injuste : ils font de l’enseignement, certes pas en classe pour tous, mais dans le cadre du parcours éducatif de ces élèves.
Par ailleurs, le rectorat nous confirme qu’une discussion est menée amenant à la suppression de ces postes qui seraient confiés à des AED (contrats précaires et payés au lance-pierre). Après 3 ans, à raison de 3 postes en moins par an, on arriverait à leur disparition totale. C’est une aberration, et encore et toujours, les économies se font sur les plus démunis et qui ont le plus besoin.
Obligations réglementaires de service
Le SNUDI-FO a réclamé que les dispositifs tels que « au coeur de la classe », « journée de la rectrice » et autres qui ne font pas partie de nos obligations soient reconnues comme se faisant sur la base du volontariat.
La réponse n’est pas très claire… le rectorat estime qu’un équilibre doit être trouvé entre formation choisie et subie. Nous répondons qu’une formation imposée aux collègues sera toujours moins efficace que si les collègues sont volontaires, d’autant plus lorsque celle-ci est déterminée par les mauvais résultats aux évaluations nationales et basée sur la culpabilisation. Pour le rectorat, ce n’est pas l’esprit du dispositif. C’est pourtant bien le ressenti des collègues sur le terrain !
Toutefois, comme nous l’avions obtenu pour les « évaluations d’écoles », le DASEN de l’Yonne a reconnu qu’il ne pouvait pas contraindre les collègues à y participer. Pour le SNUDI-FO 89, les collègues sont donc en droit de refuser. Nous réclamons une formation choisie et de qualité.
Nous vous renvoyons à la lecture de l’article à ce sujet, suite à l’audience auprès du DASEN, le 19 janvier : Non au dispositif Au cœur de la classe ! – SNUDI FO 89
Nous continuons à exiger l’abandon de ces dispositifs qui n’ont pour but que de contraindre et culpabiliser les enseignants et de remettre en cause leur liberté pédagogique.
Pour conclure, nous faisons le constat général d’un durcissement et d’une pression toujours accrue sur les personnels, visant à faire passer en force, en mettant au pas les enseignants, la dégradation des conditions de travail, les suppressions de postes, le budget de guerre et l’ensemble de la politique ministérielle…
Pour le SNUDI-FO 89, il est hors de question de nous laisser faire. Nous appelons tous les collègues à s’organiser collectivement pour y résister.
7, rue Max Quantin – 89000 AUXERRE Téléphone 07 80 69 40 13 

